Accès à la planification familiale : Marie Stop International Burkina outille les journalistes sur l’inclusion des personnes handicapées
L’ONG Marie Stop International (MSI) a organisé, ce jeudi 18 décembre 2025 à Ouagadougou, un atelier au profit des journalistes. L’objectif de cette rencontre était de renforcer leurs capacités sur l’accès aux services de planification familiale pour les femmes et les filles en situation de handicap physique et mental.
Cet atelier s’est voulu une tribune de partage d’expériences, marquée par des témoignages de personnes ressources, mettant en lumière les réalités vécues par les personnes vivant avec un handicap.
Selon Souleymane Bagagnan, Conseiller technique représentant le Gouverneur de la région du Kadiogo, cette activité permettra d’outiller les journalistes sur les questions de santé sexuelle et reproductive des personnes handicapées, tout en favorisant leur inclusion sociale.
« Au niveau de la région, nous saluons particulièrement cette initiative, car elle va impacter une couche vulnérable de la population, souvent marginalisée », a-t-il souligné.
Pour sa part, Sah Yasmina, Directrice marketing et communication de MSI Burkina Faso, a indiqué que le thème de l’inclusion des personnes handicapées leur tient particulièrement à cœur.
« Nous avons constaté, dans nos activités, que ces personnes sont souvent marginalisées, car beaucoup de services ne sont pas adaptés à leur réalité », a-t-elle expliqué.
Elle a également précisé que MSI Burkina Faso s’emploie à équiper ses cliniques afin de recevoir les personnes handicapées dans la dignité, et de leur garantir un accès équitable aux soins, au même titre que toute autre personne.
La Directrice a par ailleurs invité les journalistes à jouer pleinement leur rôle en relayant le message, en sensibilisant les populations et en contribuant à la réduction de la stigmatisation que subissent ces personnes au quotidien.
Prenant la parole au nom des personnes handicapées, Ouedraogo Nadine Patricia a livré un témoignage poignant sur les difficultés rencontrées.
« Nous souffrons énormément. Lors des consultations, il est souvent difficile d’accéder aux bureaux des médecins, surtout lorsqu’on doit ramper », a-t-elle confié.
Elle a également déploré l’état défectueux de certains équipements dans les centres de santé.
« Dans certains hôpitaux, les fauteuils roulants et les rampes d’accès existent, mais sont souvent en mauvais état », a-t-elle regretté.
Concernant la contraception, elle a souligné que de nombreuses femmes handicapées éprouvent des difficultés à accéder aux services, en raison de la honte et du regard stigmatisant de la société.
« On vous fait sentir que vous n’êtes pas une femme. Il faut un réel changement de mentalités », a-t-elle insisté.
Elle a enfin appelé à une meilleure formation des agents de santé, afin qu’ils sachent comment accueillir et prendre en charge les personnes vivant avec un handicap.