12 Jours, 12 000 Plats : le défi culinaire qui pourrait faire briller le Burkina Faso
Alors que le pays aspire à la cohésion et à la résilience, Banao Djenébou choisit les fourneaux comme instrument de mobilisation, restauratrice passionnée et promotrice du restaurant Akwaba à Bobo Dioulasso, elle s’apprête à relever un défi hors du commun, celui d’inscrire le Burkina Faso au Guinness World Records à travers un marathon culinaire de 12 jours, du 2 au 14 décembre 2025, au Palais Jean-Pierre Guingané à Ouagadougou…
De ses explications, le challenge consiste à préparer 1000 plats par jour, exclusivement à base de produits locaux, avec seulement 5 minutes de pause par heure. L’initiative vise à mettre en lumière la richesse gastronomique du pays, à promouvoir le patriotisme et le consommons local, tout en rassemblant la population autour d’un projet national. Banao Djenébou bénéficie déjà du soutien d’Eudoxie Kouablan, ancienne participante au Guinness World Records 2025 à Bouaké (Côte d’Ivoire), venue encourager l’aventure.
Ce marathon culinaire ne se limite pas à la performance, il est un vecteur de cohésion, d’unité et de paix, destiné à inspirer les jeunes, mobiliser les communautés et démontrer que le Burkina Faso peut s’imposer sur la scène internationale grâce à la culture, la passion et la résilience.
Ce dimanche 16 novembre 2025, depuis son domicile à Ouagadougou, Djenébou nous confie les motivations profondes de son initiative. « C’est mon amour pour la cuisine mais aussi mon souhait de faire parler du Burkina à travers la victoire que je compte acquérir », a-t-elle confié.
Répondant à l’appel au patriotisme et au consommons local du président du Faso, Chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré, elle voit dans ce marathon, un moyen de montrer le savoir-faire burkinabè et la résilience de son peuple. « Je connais ma capacité d’endurance, je sais ce dont je suis capable », indique la candidate avec conviction. Son objectif va au-delà de la performance individuelle, elle entend faire découvrir au monde la diversité culinaire du Burkina Faso, à travers des mets gourounsi, mossi, bobo, bissa, samo, lobi, dagara ou peul.
Banao Djenébou, a accepté de détailler son projet. A cet effet, la redistribution des plats, nous a t-elle expliqué, va à l’endroit des déplacées internes, ainsi que dans les hôpitaux, dans les orphelinats, dans les camps militaires, les prisons…
La candidate appelle la population à se joindre massivement, à soutenir l’initiative et à contribuer à la logistique, car, selon elle, « une seule personne ne peut pas tout faire ».
Ses besoins incluent du sorgho rouge, du petit mil, des œufs, des poulets, du poisson, des moutons.
Banao Djenébou insiste sur la portée sociale et patriotique de ce projet : « Ce challenge n’est pas une cause personnelle, il est pour tous les Burkinabè. Il faut que chacun mette la main dans la pâte pour que ça marche. »
La cuisine comme vecteur de paix et de cohésion
Pour, Banao Djenébou, la gastronomie burkinabè est un outil de rassemblement, « Quand on cuisine, c’est pour partager. Et un bon Africain n’aime pas manger seul », avant d’ajouter que le tô, plat universel du pays, symbolise la solidarité et le vivre-ensemble. À travers son marathon, elle espère renforcer la cohésion sociale, inspirer la jeunesse et montrer que la culture et la gastronomie peuvent porter des messages de paix et d’espoir. Avant de se lancer, Banao Djenébou a dû franchir l’obstacle le plus difficile : oser candidater. « Le plus grand défi, c’est d’avoir osé prendre la décision », a-t-elle spécifié.
Banao Djénébou
Depuis, elle affronte les contraintes organisationnelles et logistiques, mais reste confiante : « J’ai confiance en mes collaborateurs et collaboratrices. C’est un peuple qui sait soutenir les causes nobles. ». Sa méthodologie repose sur la discipline, la rigueur, la persévérance, la solidarité et la patience, tandis qu’elle maintient une préparation physique quotidienne.
Banao Djenébou souhaite mobiliser tout le peuple burkinabè, afin que cette première édition dépasse les standards internationaux : « J’attends beaucoup même des Burkinabè. Surtout, je veux de l’engouement autour, comme c’est la première fois que ça se tient au Burkina. »
À travers ce marathon culinaire, Banao Djenébou dépasse la dimension individuelle pour incarner une ambition nationale : démontrer que le Burkina Faso peut briller sur la scène mondiale par la culture, la gastronomie et la résilience.
Du 2 au 14 décembre 2025, au Palais Jean-Pierre Guingané, elle invite tout le peuple, et spécialement la jeunesse, à écrire ensemble une page inédite de l’histoire burkinabè.
« Je remercie mes compatriotes pour leur mobilisation fraternelle. Cette victoire honorera tout le secteur de la gastronomie ».