Ceci est un communiqué du 31 juillet du Syndicat national des administrateurs des lycées et collèges interpellant le Gouvernement sur le projet d'extinction des administrateurs des lycées et collèges et relecture des indemnités conformes à classification catégorielle.
Camarades militantes, militants, sympathisant(e)s du SNALC, acteurs et partenaires du
monde éducatif, recevez nos salutations fraternelles.
Le Syndicat National des Administrateurs des Lycées et Collèges (SNALC) au nom de
l’ensemble de ses militantes, militants et sympathisant(e)s voudrait par la présente, traduire
ses sincères reconnaissances aux autorités du pays pour les efforts déjà consentis et les efforts
en cours afin que le pays retrouve sa stabilité d’antan. Nous leur adressons toutes nos
félicitations pour les stratégies efficaces déployées et leur détermination à mettre fin à l’hydre
terroriste, tout en formulant des prières pour qu’elles réussissent pour le bonheur du peuple
burkinabè. C’est le lieu pour nous de remercier de vives voix, les forces de défense et de
sécurité (FDS), les volontaires pour la défense de la patrie (VDP) pour le sacrifice, combien
grand et profond pour le retour de la paix dans notre Faso. Nous avons la ferme conviction
que c’est seulement dans un pays de paix et de tranquillité que nous pouvons aspirer à une
véritable éducation de qualité. Merci à toutes celles et tous ceux qui ont œuvré et œuvrent
toujours activement pour le retour de milliers d’enfants et d’acteurs de l’éducation dans leurs
localités respectives.
Paix aux âmes de celles et de ceux qui ont payé par le sacrifice suprême au nom de la Patrie,
prompt rétablissement aux blessé(e)s et courage aux différent(e)s combattant(e)s qui bravent tout pour la Paix.
Que vivement la paix revienne au pays des hommes intègres.
Camarades militantes, militants, sympathisant(e)s, acteurs et partenaires du monde éducatif,
les emplois des administrateurs des lycées et collèges (ALC) et administrateurs principaux des
lycées et collèges (APLC) ont été officiellement créés par le décret n°2020-0245/PRES/PM/MFPTPS/MINEFID du 30 mars 2020 portant statut particulier du métier
éducation, formation et promotion de l’emploi. Il est l’aboutissement d’une longue lutte débutée depuis les années 90 et portée pendant des années par la coordination des chefs d’établissements et les syndicats de l’éducation. Cette lutte a connu plusieurs rebondissements
ayant freiné sa naissance. Ce n’est qu’en 2018 que la Coordination Nationale des Syndicats de l’Education (CNSE) à la faveur d’un protocole d’accord avec le gouvernement de l’époque a
pu l’arracher. La création des emplois d’ALC et d’APLC est donc l’aboutissement de plus de
vingt ans de lutte et d’exigence du système éducatif. Il est donc né de la volonté politique de
l’ensemble des acteurs de l’éducation, convaincus que cet emploi viendrait à améliorer la
gestion des structures éducatives en adéquation avec l’élan de la culture de bonne
gouvernance tant prônée. L’objectif essentiel est d’assainir la gouvernance scolaire en proie à
de multiples crises (manque de formation des professeurs certifiés nommés chefs d’établissements, non-respect de l’autorité par les collaborateurs qui estiment qu’ils sont du même grade que le chef d’établissement…).
A cet effet, le premier recrutement est intervenu en 2021. Après vingt-quatre mois de
formation à l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM), deux cent
quatre-vingt-dix-neuf (299) administrateurs des lycées et collèges ont été formés et déployés dans les lycées et collèges du Burkina Faso en Septembre 2023 pour le pilotage administratif,
pédagogique, financier et matériel des établissements d’enseignement scolaire. Trois cents (300) autres de la deuxième promotion ont rejoint ceux de la première promotion en mars
2025.
Les troisième et quatrième promotions sont toujours en formation à l’ENAM. Les résultats
définitifs du recrutement de la cinquième promotion viennent d’être publiés ce 27 Juillet 2025
après une longue attente des résultats d’admissibilité. Ainsi, constatons-nous un effectif de
cinq cent quatre-vingt-seize (596) ALC sur le terrain, quatre cent (400) en formation et deuxcents (200) attendant de rejoindre l’ENAM pour le début de leur formation. Au total mille cent quatre-vingt-seize (1196) administrateurs sont recrutés pour le pilotage des établissements d’enseignement secondaire.
Camarades militantes, militants, sympathisant(e)s, acteurs et partenaires du monde de
l’éducation, depuis l’arrivée des ALC sur le terrain, ils ont été confrontés à des difficultés multidimensionnelles : les unes inhérentes à leur carrière (absence de grille indemnitaire
jusqu’en février 2025) et les autres liées au système éducatif dans son ensemble. En dépit de
ces difficultés, ils se sont positivement illustrés dans leur fonction de chef d’établissement
grâce à la qualité de la formation reçue à l’ENAM et à la bonne collaboration avec l’ensemble
de la communauté éducative dans les établissements. En témoignent, la baisse considérable
des crises multiformes dans les établissements et l’amélioration significative des résultats
scolaires.
Malgré les efforts consentis, les multiples sacrifices et le sens élevé de la résilience, quelle ne
fut la surprise générale ? En effet, en lieu et place d’une augmentation du traitement salarial
attendu à l’issue de tout concours professionnel qui est censé être une promotion, le décret
N°2025-0070/PRES/PM/MEF/MFPTPS du 06 février 2025 portant fixation du taux de
l’indemnité de logement du personnel enseignant ou d’encadrement et des indemnités
d’astreintes, de technicité et de logement du personnel de l’Etat, issus des nouveaux emplois
créés dans les ministères en charge de l’éducation, consacrait plutôt une baisse vertigineuse de
leurs indemnités en l’occurrence, les indemnités de logement et d’astreintes.
Face à cette situation préoccupante et très critique, au regard de leur responsabilité régalienne,
au lieu d’adopter une posture belliqueuse, les ALC, d’abord à travers leur coordination,
ensuite leur syndicat qui venait de naitre et enfin par des approches personnalisées, ont
entamé dans le strict respect des démarches administratives, une série de négociations avec les
autorités qu’ils ont estimées être habilitées à même réparer cette injustice. Cela les a
respectivement conduits à rencontrer entre autres, la DRH du MESFPT, le Ministre de tutelle
(MESFPT), le Ministre de la Fonction Publique, du Travail et de la Protection Sociale. Les
ALC ont poursuivi leurs démarches à travers des initiatives de rencontres-échanges avec le
Ministère de l’Economie et des Finances et la primature. En outre, la CNSE a été saisie au
motif d’information et d’implication au regard de son important rôle dans la création des
emplois d’ALC et d’APLC. Toutes ces démarches jusque-là sont restées vaines.
Comme si cela ne suffisait pas, certains de nos camarades ont subi un type d’affectation qui
ne respectait aucune logique technique en matière de gestion des ressources humaines :
lesdites affectations semblaient comporter des visées conflictuelles dans une probable
intention d’opposer les promotions qui se succèdent. Il faut saluer au passage la maturité et
l’esprit de fraternité des ALC ayant conduit à éviter ce piège de la division tendu.
Dans certaines régions, certains ont été affectés et nommés dans des CEG pendant que des
lycées sont toujours occupés par des PCLC et ce en violation totale des articles 4 et 6 du
décret 2018-1092/PRES/PM/MENA/MINEFID/MFPTPS du 3 décembre 2018 portant
règlementation des fonctions de chefs d’établissements et d’autres responsables dans les
établissements d’enseignement post-primaire et secondaire.
La notion de l’emploi –fonction nous revient souvent quand il s’agit de nous affecter et
nommer sans notre avis. Quand il s’agit de nous relever, l’argument qui nous est toujours
servi est que la nomination est du pouvoir discrétionnaire de l’autorité. Fort heureusement que
dans la plupart des régions et provinces la collaboration est franche et sincère entre nos
supérieurs hiérarchiques et nos camarades. C’est le lieu donc pour nous de traduire toutes nos
reconnaissances et tous nos remerciements à l’endroit de tous les directeurs provinciaux et
régionaux qui ont compris que la réussite de leur mission passe obligatoirement par
l’implication et la considération de tous les acteurs.
Malgré toutes ces difficultés ci-dessus énumérées, le bureau national du SNALC a toujours
appelé ses militant(e)s et sympathisant(e)s à la retenue et à prioriser le dialogue afin de
préserver l’intérêt général dans un contexte où le défi sécuritaire est la principale priorité pour
espérer un pays de paix, de plus d’égalité et de justice pour une éducation de qualité.
Camarades militantes, militants, sympathisant(e)s, acteurs et partenaires de l’éducation,
fondant toujours un espoir pour la gestion diligente du dossier de nos indemnités, les ALC ont une fois de plus été désagréablement surpris par le décret N°2025-
0953/PRES/PM/MFPTPS/MEF du 22/07/2025 portant Répertoire Interministériel des Métiers
de l’Etat (RIME) qui vient les placer dans un doute absolu quant à la survie de leur emploi.
Est-ce une omission ou à dessein ? le constat est que les emplois d’Administrateurs des
Lycées et Collèges (ALC) et d’Administrateurs Principaux des Lycées et Collèges (APLC)
n’y figurent pas. Une rumeur de l’extinction de la famille d’emploi Administration des lycées et collèges (ALC et APLC) persistait. Cela nous avait été confirmé lors de notre audience avec Monsieur le Ministre le 12 juillet 2025 et ce nouveau décret portant répertoire
Interministériel des Métiers vient davantage nous confirmer.
De mémoire d’agent public, toute réforme est nécessairement précédée d’une évaluation. Or,
la première promotion a été affectée et officiellement installée à partir de septembre 2023.
Pourtant, les travaux préparatoires du présent RIME ont commencé en octobre 2024, soit après une année d’exercice de l’emploi d’ALC. Mieux, pendant que ce RIME était en cours d’adoption, le concours de recrutement de la cinquième promotion d’ALC a été lancé.
Comment donc comprendre que pendant qu’un décret qui considère un emploi en extinction
est introduit, des agents de cet emploi continuent d’être recrutés ? Dans ce cas de figure, tout
autre motif peut justifier l’extinction de ces emplois sauf des motifs techniques et/ou objectifs.
Fort de ce constat, nous faisons les observations suivantes :
1- Aucune évaluation n’a été officiellement faite sur l’impact de la gouvernance scolaire
des ALC ;
2- L’extinction semble être faite de façon précipitée pour éviter toute possibilité d’échec
car selon des sources bien introduites, le projet a été muri par une corporation pendant
même que la première promotion était toujours à l’ENAM ;
3- Les objectifs visés à travers l’extinction de l’emploi des ALC sont plutôt d’ordre
corporatiste que stratégique ;
4- Jusqu’à présent les ALC ne sont pas situés quant à l’avenir de leur carrière après
l’extinction. Tout est tenu en secret.
De ces observations, nous nous interrogeons :
1- Pourquoi tant de précipitation pour éteindre un emploi qui vient à peine de naitre ?
2- Où iront ces mille cent quatre-vingt-seize (1196) ALC dont cinq cent quatre-vingt-seize
(596) déjà sur le terrain pour être utilement employés pendant qu’ils ont été formés pour
gérer les structures éducatives ?
3- Pourquoi tant d’acharnement contre des fonctionnaires, chefs de familles qui ont juste
eu le tort de faire un concours pour un emploi créé dont les attributions répondent à leur
vocation ?
Nous prenons à témoin les premières autorités du pays, l’opinion nationale et la CNSE quant au sabotage organisé et à la remise en cause flagrante de l’Initiative Présidentielle pour la
Qualité de l’Education pour Tous (IPEQ). Cette initiative dans sa composante 3, portant sur la
réforme des structures de gestion de l’école et de dynamisation de la participation des acteurs
de l’éducation, sous-tend la bonne gouvernance dans les structures éducatives. L’extinction
probable de ces deux emplois, savamment orchestrée par quelques « techniciens » aux intérêts corporatistes serait un coup de massue brusque pouvant entacher l’atteinte des objectifs de
ladite composante.
Camarades militantes, militants, sympathisant(e)s, acteurs et partenaires du monde de
l’éducation, dans un esprit républicain et pour la défense des intérêts matériels et moraux des ALC et surtout pour une bonne gouvernance des structures éducatives, nous interpellons :
Son excellence Monsieur le Président du Faso, Chef de l’Etat, Son excellence
Monsieur le Premier Ministre Chef du Gouvernement et par ailleurs le premier
responsable de la Fonction Publique, Monsieur le Ministre de l’Enseignement
Secondaire et de la Formation Professionnelle et Technique et l’ensemble du
gouvernement sur la nécessité d’une relecture concertée du décret additif afin de servir
aux ALC des indemnités conformes à leur classification catégorielle et à leurs attributions tout en se penchant sérieusement sur ce projet d’extinction de l’emploi des
ALC aux fins de mieux comprendre les véritables motifs.
Monsieur le Ministre de l’Enseignement Secondaire et de la Formation Professionnelle et Technique, que la qualité du système éducatif passe nécessairement par l’implication de tous les acteurs du ministère dans un esprit d’inclusion et de
participation.
La CNSE, à ne pas trahir les raisons profondes et les convictions qui l’ont conduite à
se battre pour la création des emplois d’ALC et d’APLC.
Camarades militantes, militants, sympathisant(e)s,
vous êtes invités à :
- toujours accomplir avec détermination vos missions régaliennes dans la discipline, le
sacrifice, la transparence et le respect des règles administratives ;
- apporter votre précieuse contribution à la réussite de l’IPEQ ;
Mais
- A rester mobilisés !!!
Vive un Burkina Faso de paix et prospère !
Ensemble pour une Education de qualité !
La Patrie ou la Mort, nous Vaincrons.
Le Bureau National
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