3e Congrès de la FAIB « Notre ambition n'est pas de dominer, mais de rassembler ; non pas d'exclure, mais de fédérer », El Hadji Moussa KOUANDA, président de la FAIB
Réunie en congrès ordinaire acte 3, ce samedi 4 juillet 2026 à Ouagadougou, la Fédération des Associations Islamiques du Burkina (FAIB) a lancé une réflexion de fond sur son avenir.
Entre réformes internes, modernisation de la gouvernance, relève générationnelle et renforcement de l'unité, les responsables de la fédération entendent adapter l'organisation aux défis actuels. Présent à l'ouverture des travaux, le ministre de l'Administration territoriale et de la Mobilité, Émile ZERBO, a salué le rôle des communautés religieuses dans la cohésion sociale et réaffirme l'engagement de l'État à accompagner les initiatives en faveur de la paix et du développement.
Une étape décisive pour la fédération
Vingt ans après sa création, la Fédération des Associations Islamiques du Burkina (FAIB) a tenu, ce samedi 4 juillet 2026, son troisième Congrès ordinaire autour du thème : « 20 ans après : quelles réformes pour relever les défis de l'islam et des musulmans au Burkina Faso ? »
La cérémonie d'ouverture s'est déroulée en présence du président de l'Assemblée législative du Peuple, le Dr Ousmane BOUGMA, du ministre de l'Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo, ainsi que de nombreuses autorités religieuses, coutumières et administratives.
Dans son allocution, le président de la FAIB, El Hadj Moussa KOUANDA, a qualifié ce congrès « d'historique », estimant qu'il marque une nouvelle étape dans la vie de la fédération.
« Ce congrès ne doit pas être seulement un congrès de bilan. Il doit être celui du renouveau », a-t-il déclaré.
Quatre réformes majeures pour bâtir l'avenir
Pour le président de la FAIB, l'avenir de l'organisation repose sur quatre priorités.
La première consiste à faire de la compétence un principe fondamental de gouvernance. Face aux mutations que connaissent la société et le monde musulman, il estime que la fédération doit davantage s'appuyer sur des oulémas, des intellectuels et des experts capables de concilier les sciences islamiques avec les réalités contemporaines, notamment dans les domaines de la finance islamique, du numérique, de l'éducation, de la santé, des médias, de l'environnement et des relations internationales.
Deuxième priorité : préparer la relève générationnelle. El Hadj Moussa KOUANDA a lancé un appel aux jeunes musulmans, particulièrement aux diplômés des universités, afin qu'ils s'impliquent davantage dans la gestion de la Fédération. Selon lui, les aînés doivent transmettre leur expérience pendant que la jeunesse apporte son dynamisme, son innovation et sa maîtrise des nouveaux enjeux.
Le troisième chantier porte sur le renforcement de l'unité. Reconnaissant la diversité des associations islamiques, il a insisté sur la nécessité pour la FAIB de demeurer la maison commune de tous les musulmans du Burkina Faso.
« Notre ambition n'est pas de dominer, mais de rassembler ; non pas d'exclure, mais de fédérer », a-t-il affirmé.
El Hadji Moussa KOUANDA, président de la FAIB s'adressant à la presse
Enfin, le président de la FAIB a plaidé pour la modernisation des écoles franco-arabes, avec l'introduction de l'enseignement technique et professionnel ainsi que la création de séries arabophones dans le système éducatif burkinabè. Une réforme qui, selon lui, permettrait une meilleure reconnaissance des diplômes et offrirait davantage d'opportunités aux élèves.
Émile Zerbo : « Les communautés religieuses sont des partenaires essentiels »
Procédant à l'ouverture officielle des travaux, le ministre de l'Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo, a de son côté, salué la démarche de la FAIB, estimant qu'une organisation se renforce lorsqu'elle est capable de se remettre en question et de préparer son avenir.
Dans un contexte marqué par la reconquête du territoire national, la restauration de la souveraineté et la refondation de l'État, le ministre a rappelé que l'effort national ne peut être uniquement militaire ou institutionnel.
« Cette mobilisation est également morale, spirituelle et citoyenne », a-t-il souligné.
Selon lui, les communautés religieuses occupent une place stratégique dans la consolidation de la cohésion sociale grâce à leur proximité avec les populations et à leur capacité à promouvoir des valeurs de paix, de fraternité, de justice, de solidarité et de responsabilité.
Le ministre a rendu hommage aux leaders musulmans pour leur contribution au dialogue intercommunautaire, à l'encadrement spirituel, à l'éducation ainsi qu'aux nombreuses actions sociales menées au profit des populations.
Il a également réaffirmé l'attachement de l'État à la liberté de religion, au respect de toutes les confessions et au principe de neutralité de l'État, tout en assurant que le gouvernement poursuivra son accompagnement des initiatives favorisant la paix, la cohésion sociale et le développement.
Des réformes attendues
Avant de déclarer officiellement ouverts les travaux du troisième Congrès ordinaire de la FAIB, Émile Zerbo a exprimé le souhait que les réformes issues des échanges permettent de moderniser la gouvernance de la fédération, de consolider son unité, de mieux préparer la relève, de renforcer la participation des jeunes et des femmes et de répondre plus efficacement aux attentes de la communauté musulmane.