jeudi, août 4, 2022
Général

RDC : l’État de droit, est-il en péril ?

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Chronique de Dario Kiaka, le 20 décembre 2021

L’État de droit, l’Etat pour lequelle le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo s’est investi en chaire et en os, aussi en âme,  depuis son accession à la magistrature suprême, est en train de traverser une période de vache amère.

Nous sommes à deux ans du restant de mandat constitutionnel du Fils de Sphinx de Limeté, l’image de ce dont il a fait son cheval de bataille se détériore du jour au lendemain, à l’instar d’un écolier brillant qui se néglige par influence de ceux qui l’entourent. Est-ce le fait d’être mal entouré comme le décriait à son temps son prédécesseur, l’ex  Président Josph Kabila, ou un manque de leadership criant au sommet de l’État ? Hélas, la réponse s’avère perplexe à cet effet.

En tout cas, le dernier trimestre de l’année 2021 a offert au Congolais lambda un spectacle socio-politique nauséabond, à l’image d’une jungle ;

Tenez ; avant d’avoir  appris d’un député national que le pays de Lumumba serait dirigé par des voyous et délinquants en cravates, la RDC a étonnamment assisté à un épisode macabre d’interpellations spectaculaires des dignitaires du régime précédent d’une part et relaxations des torpilleurs des deniers publics du régime actuel d’autre part, ceux qui ont réussi à hypothéquer les espoirs de tout un peuple, placés au fameux slogan « le peuple d’abord», qui du reste se décline à ce jour à « Nos familles d’abord». Les cas les plus emblématiques sont ceux de l’ancien premier ministre Matata Ponyo Mapon, relatif au présumé détournement de millions de dollars affectés pour l’exécution du projet de parc-agro industriel de Bukangalonzo dont le dossier a finalement été classé sans suite par la justice. Ainsi que celui du tout puissant Vital Kamerhé, ancien directeur de cabinet du chef de l’État, condamné au premier degré à 20 ans de travaux forcés et dont la peine a été reduite en appel, à 13 ans d’emprisonnement ferme. De grâce, sa qualité de faiseur de rois lui aurait fait bénéficier d’un statut d’intouchable, et donc, une probable récompense à la primature serait en gestation selon certaines indiscrétions, dans les officines politiques avec son colistier. De Benjamin Wenga de SOCOC et docteur Eteni Longondo, en passant par Willy Bakonga et consorts, c’est tout simplement rédhibitoire.

Comme si cela ne suffisait pas pour clouer le vœux pieux de Fatshi, celui d’instaurer un État véritablement de droit, le dernier mois du trimestre marquant la fin de l’an 2021 vient une fois de plus, de donner un coup dur à cette pensée pieuse du magistrat suprême de mon pays ;

Très loin de moi l’intention de faire un grand coup de projecteur sur la situation sécuritaire à l’Est du pays, au risque de finir comme les deux rappeurs jadis condamnés chacun à 10 ans de prison par la justice Congolaise à Goma, pour avoir tout simplement brisé leur silence sur la politique du commandant suprême, que d’aucuns qualifie de dangereuse, instituée contre toute attente à L’Est de la RDC. Conséquences de l’État de droit, avançons seulement !

Et de poursuivre, la dernière séquence des évènements légendaires d’une république véritablement de droit, ce sont ces scénarios nous livrés par les éléments de police nationale congolaise, les uns commis à la garde des autorités et institutions du pays, et d’autres en divagation, se précipitant ainsi les miettes mais en donnant malheureusement la mort à des paisibles citoyens ;

Tenez encore ; en seulement trois jours, trois évènements  catastrophiques ont émaillé la semaine pré-nativité :

Primo, les policiers du parquet ridiculisent, humilient le Gouverneur en fonction du Kongo-central, Atou Matubuana, en l’interpelant, menotté et exposé à la vindicte populaire comme un chien arrangé ou mieux, un petit bandit, alors que la justice elle-même ne sait pas s’il est coupable ou non, faute d’éléments de preuves.

Secundo, trois policiers torturent jusqu’à donner la mort à ce jeune de 32 ans répondant au nom d’Olivier Mpuanga, dans les locaux de services spéciaux de renseignements de police, à cause de 600 dollars américains.

Tercio,  un policier commis à la garde de la concession d’un expatrié déclenche  des tires à balles réelles, en attaquant le ministre des ITP, Alexis Gisaro et sa délégation à mbudi, alors en tournée d’inspection dans tous les chantiers du fameux projet « Tshilejelu », qui semble hérité l’échec cuisant du projet 100 jours, sur ordre de son commettant. En effet, Seth Kikuni, candidat malheureux à la présidentielle de 2018 en a adjoint son expression d’amertume et lâche, « le pays a un sérieux problème de pilotage au sommet »

Somme toute, une petite conclusion nous parvient de Monsieur Jean Claude Katende, activiste de droit de l’homme et Président de l’ASADHO, l’homme qui a toujours cru au leadership de l’autorité moral de l’Union sacrée de la nation, je cite, «   Les espoirs suscités par l’alternance disparaissent chaque jour : projets mal gérés, lutte contre la corruption flouée, la balkanisation du pays accélérée et la situation sociale explosive… on ne sait pas où va le pays ». Enfin, à Jean-Claude Vuemba, président de l’organe délibérant du Kongo-central d’éclairer les esprits, « Même du temps de Kabila, nous n’avons jamais vécu ça», avant de lancer un appel pathétique aux Nés kongo en particulier et tout congolais en général à se soulever contre la barbarie du régime dont il dignitaire. fin de citation.

 

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Rédaction infos24
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