Soutenance de master : Ousseni Sawadogo analyse la gestion des risques en finance islamique au Burkina Faso

Ousseni Sawadogo a soutenu son mémoire de master professionnel en sciences économiques et de gestion, en spécialité finance islamique, ce samedi 03 octobre 2026 à l’Institut africain de finance islamique et de gestion (IAFIG) sous le thème « La place de la gestion des risques en finance islamique au Burkina Faso ». Cette étude vise à apporter des mécanismes de gestion efficace des risques pour une stabilité des institutions financières islamiques au Burkina Faso.

 Ousseni Sawadogo a validé son mémoire de master avec la mention très bien sous le thème « La place de la gestion des risques en finance islamique au Burkina Faso ».

L’impétrant Ousseni Sawadogo a déclaré que « l’étude de cette thématique vise à permettre aux institutions financières islamiques d’optimiser leur dispositif interne en termes de gestion de risque financier».

Selon lui, le paysage financier burkinabè est favorable au développement de la finance islamique, mais le secteur fait face à un manque d’ingénierie financière adaptée.

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Cette étude a eu pour échantillon les actions de deux leaders du marché financier islamique, à savoir Coris Banque Internationale (CBI) Baraka. CBI Baraka concentre plus ses financements sur les produits de dette par choix raisonné, ce qui permet de maîtriser les risques et Islamic Finance Group (IFG SA) de 2015 à 2025.

Ousseni Sawadogo a laissé entendre que « au niveau de la structuration des portefeuilles, CBI Baraka a concentré ses financements sur la Mourabaha et l’IFG SA a fait le choix du modèle participatif pur en Moucharaka et en Moudharaba ».

M. Sawadogo a révélé que les défis majeurs de gestion des risques de finance islamique sont d’ordre réglementaire et charaïque à savoir « l’inadaptation de Bâle II/III et l’impasse de la gestion des liquidités en raison de l’inexistence de Sukuks souverains en F CFA au Burkina sur la période ».

Sur le plan de la gestion informatique « le véritable goulet d’étranglement est technologique, les institutions financières islamiques opèrent avec un logiciel bancaire totalement inadapté aux contrats participatifs », a mentionné l’impétrant.

Il a également relevé « le suivi artisanal et manuel des financements, qui limite les équipes à deux contrôles sur site par an et par projet, expliquant le taux de souffrance global de 7 % enregistré en fin 2025 ».

Ousseni Sawadogo a recommandé aux institutions financières islamiques de « rendre obligatoire la constitution des réserves de lissage de l’AAOIFI : la Profit equalization reserve (PER) et l’Investment risk reserve (IRR) afin de neutraliser le risque commercial déplacé et sécuriser les déposants et l’adaptation des cadres prudentiels aux réalités de la finance islamique et le recours à des mécanismes tels que la Mourabaha, la Moussawama et le Salam ».

« Sur le plan technique, mutualiser l'achat d'un Core Banking islamique en mode SaaS pour les SFD afin d'automatiser le calcul des 3P et remplacer le suivi manuel par un tracking digital via le mobile money », a-t-il ajouté.

Ousseni Sawadogo a également interpellé « l’Etat a une implication accrue dans le développement de la finance islamique et à la BCEAO d’adapter le cadre prudentiel en adoptant les normes de l’IFSB pour réduire la pondération des actifs participatifs ».

Tassembédo Palingwendé Florence 

Mohamed OUEDRAOGO
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