Protection des ânes, chevaux et chameaux : les acteurs sensibilisés aux nouveaux textes réglementaires

La Direction générale des services vétérinaires entend renforcer l’encadrement des mouvements et de l’exploitation des asins, des équins et des camélins au Burkina Faso. C’est dans ce cadre qu’un atelier d’information et de vulgarisation des nouveaux textes réglementaires a réuni plusieurs acteurs, ce 2 octobre 2026 à Ouagadougou.

Selon le docteur Kadré SANFO, Directeur de la Santé publique vétérinaire et de la Législation, le texte adopté par le gouvernement en juillet dernier apporte plusieurs innovations.

Il concerne notamment la réglementation de l’abattage, des mouvements intérieurs et de l’exportation des asins, des équins et des camélidés, ainsi que de leurs produits.

« Nous sommes là pour diffuser le décret et permettre aux acteurs de s’approprier ce nouveau texte », a expliqué le responsable.

Parmi les principales innovations évoquées figure la limitation du nombre d’animaux autorisés à effectuer un mouvement. Celui-ci est désormais limité à cinq animaux.

Le nouveau dispositif prend également en compte la gestion des saisies, qui constituait, selon le Directeur, une difficulté dans l’application de l’ancien texte de 2016.

Une attention particulière est par ailleurs accordée aux zones à fort potentiel de trafic, notamment les zones frontalières. Des dispositions spécifiques ont été prévues afin de mieux encadrer les mouvements d’animaux dans ces espaces.

Préserver une ressource animale importante

Pour Emmanuel Bouré SARR, Directeur régional de l’ONG Brooke pour l’Afrique de l’Ouest, cette nouvelle réglementation intervient dans un contexte marqué par un important commerce des ânes, notamment en lien avec la demande de peaux utilisées dans la fabrication de l’Ejiao (produit cosmétique fabriqué à base de peaux d'ânes, ndlr) en Chine.

Selon lui, la demande mondiale liée à ce produit exerce une pression importante sur les populations d’ânes en Afrique.

Le responsable de l’ONG estime que le nouveau décret devrait contribuer à mieux contrôler les mouvements des animaux et leur sortie du territoire burkinabè.

« Les ânes sont souvent transportés au-delà des frontières du Burkina Faso, vers des pays côtiers, où ils sont abattus », a-t-il expliqué, ajoutant que les peaux sont ensuite récupérées pour être utilisées dans la production de l’Ejiao.

L’atelier vise ainsi à informer les différents acteurs concernés, notamment les commerçants, les propriétaires d’ânes, les forces de défense et de sécurité ainsi que les services des douanes.

Au-delà de la protection animale, les participants ont insisté sur l’importance économique et sociale des ânes pour les populations. Ces animaux constituent notamment un moyen de transport et de travail pour de nombreuses communautés rurales.

À travers la vulgarisation du nouveau texte, les autorités vétérinaires souhaitent donc favoriser une meilleure connaissance des règles applicables et renforcer leur mise en œuvre sur le terrain.

Infos24 

Mohamed OUEDRAOGO
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